Comment le mouvement écologique européen a bouleversé le marché automobile ?

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Jouet voiture sur le sol

Depuis 2018, la France connaît une soudaine transformation du parc automobile. Le gouvernement fait la chasse au diesel et encourage les particuliers à acheter des voitures hybrides ou électriques. L’objectif ? Réduire considérablement les émissions de CO2 d’ici 2020. Unis par un même projet énergétique, les pouvoirs publics des autres pays de l’UE boycottent également le moteur thermique. Ce mouvement écologique européen bouleverse radicalement le marché automobile, pour le meilleur comme pour le pire.

Dédieselisation : une solution alternative pas encore au point

Prime à la conversion, campagne publicitaire, restrictions de circulation : impossible de manquer le message du gouvernement. Après avoir fait l’éloge du diesel dans les années 80, l’Etat souhaite désormais mettre au placard ce moteur aux puissants rejets de particules fines. Pour le remplacer, les sacro-saintes voitures électriques sont présentées depuis quelques années comme le « futur de la mobilité ». Peut-être est-ce là tout le problème…

A force d’arborer le titre de « voiture de demain », les véhicules électriques peinent à s’imposer comme « la voiture d’aujourd’hui ». Si, au troisième trimestre 2018, le marché de la voiture électrique a connu une hausse de 35% en Europe, le continent est marqué par de grandes disparités. Seuls cinq pays enregistrent des ventes records : la Norvège, l’Allemagne, les Pays-Bas, le Royaume-Uni et la France.

En ce début d’année 2019, les acheteurs constatent néanmoins une triste vérité : la voiture électrique n’est pas encore tout à fait au point. Autonomie réduite, temps de recharge particulièrement long, réseau de bornes peu développé : l’électrique devient vite contraignant.

La voiture électrique : la fausse amie de l’environnement

Atelier de construction de voitureSi la voiture électrique est vendue comme un véhicule propre, la réalité est tout autre. Cela fait maintenant quelques mois que les articles sur le sujet font rage : la voiture électrique polluerait tout autant que le diesel.

La production de véhicule électrique se montre en effet bien plus énergivore que celle d’un moteur thermique. Les matériaux sont préparés dans des fours chauffés à plus de 400°, très gourmands en énergie. En 2017, l’ADEME (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) déclarait : « Les gains environnementaux d’un véhicule électrique se retrouvent à l’usage. »

Mais est-ce vraiment le cas ? Sournoises, les voitures électriques polluent de façon indirecte, via l’électricité produite pour les recharger. L’émission de particules fines est également issue de l’abrasion des pneus, du revêtement routier et des freins. En 2012, 41% des particules fines émises en Île de France ne provenaient pas directement de pots d’échappement.

Conscient de cette réalité, le gouvernement agit à coup de baisses des limitations de vitesse. Après des routes secondaires à 80 km/h, la Mission d’information et d’évaluation de la Mairie de Paris envisage un périphérique à 50 km/h. Des mesures fortement contestées par les conducteurs qui, pour rester informés en temps réel du trafic routier, peuvent s’équiper de notre GPS connecté Coyote, à découvrir ici.

Secteur automobile : des emplois en voie de disparition

Si la transition énergétique apparaît nécessaire pour la planète, elle affecte grandement le secteur automobile. En France, il représente 155 milliards de chiffre d’affaires, plus de 4 000 entreprises et 9% des emplois directs ou indirects. Mais ces chiffres pourraient bien chuter dès les prochaines années.

Le 12 février 2019, à l’occasion du centenaire de l’Organisation internationale des constructeurs automobiles (OICA), les différents acteurs du réseau ont exprimé leur inquiétude face au déclin de la filière auto. Le développement du marché électrique, principalement détenu par la Chine, pourraient bien supprimer 250 000 emplois à court terme.

Le président Emmanuel Macron n’a pas tardé à répondre aux syndicats. « En tant que président de la France, je ne peux pas être satisfait d’une solution où 100 % des batteries de mes voitures électriques sont produites en Asie. » Sans donner beaucoup plus de détails, il a mentionné l’ouverture de deux usines de batteries en Europe. Une en France et une en Allemagne.

En attendant l’aboutissement de ces projets, certaines entreprises souffrent déjà. Placées en redressement judiciaire, elles se voient forcées de mettre à la porte des centaines de salariés, comme c’est le cas de l’usine Ibiden à Courtenay.

Si le marché de la voiture électrique semblait prometteur, il paraît aujourd’hui évident qu’il n’est pas encore à la hauteur des objectifs environnementaux européens. Encouragés à abandonner leur diesel, les conducteurs se rabattent sur les moteurs à essence mais 30% d’entre eux regrettent ce choix et souhaiteraient revenir au premier modèle. Si le mouvement écologique intervient face à l’urgence écologique, il est mis à mal par des solutions alternatives qui ne répondent pas aux attentes des Français.

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