La voiture diesel est-elle obsolète ?

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avenir du diesel en france
Source : Getty Images

Faut-il continuer à investir dans les voitures diesel ? La question se pose depuis le premier semestre 2015 durant lequel, pour la première fois, il s’est vendu moins de véhicules diesel qu’essence (46,6% des ventes). Depuis, le désamour pour le diesel continue à animer les débats. D’un côté, les partisans de la fin du diesel, de l’autre ceux qui croient en son avenir commercial. Décryptage.

Le Diesel bientôt interdit ?

Anne Hidalgo souhaite éradiquer le diesel de la capitale : « Je veux la fin du diesel à Paris en 2020, et si possible au-delà du périphérique », a annoncé la Maire de Paris. Sous son impulsion, d’autres élus souhaitent initier la même dynamique sur leur territoire. En cause, les effets de la pollution. En effet, les diesels et modèles essence vieillissants sont réputés très polluants.

Depuis juillet 2015, des villes telles que Lille, Lyon, Nantes, Nîmes, Strasbourg ou Thionville sont soumises à un PPA : Plan de Protection de l’Atmosphère. On en recense 36 en France : les maires de ces territoires peuvent interdire aux véhicules diesel de circuler dans les zones dites « de restriction » (ZCR).

Les émissions de diesel au cœur des débats

chiffres sur le diesel
Source : CITEPA – Centre Interprofessionnel Technique d’Etudes de la Pollution Atmosphérique

Dans un moteur à essence, le mélange d’air et d’essence est enflammé par le biais des bougies. Quant au moteur Diesel, il comprime l’air à une pression extrêmement élevée : la haute température nécessaire au processus provoque la transformation de l’oxygène et de l’azote en oxydes d’azote.

C’est pourquoi on attribue aux moteurs Diesel une grande partie des émissions de particules fines dont la dangerosité et le caractère cancérigène ne sont plus à prouver (40 000 décès prématurés en France par an – Source : OMS).

 

Certains se questionnent alors sur le développement fulgurant du diesel à une époque où l’on en connaissait déjà les « dangers ». Une partie de la réponse existe auprès des constructeurs : durant longtemps, le moteur diesel a été privilégié.

A l’époque, les constructeurs ont profité de délais supérieurs et d’une réglementation pollution moins contraignante sur les moteurs Diesel pour le contrôle technique mais aussi l’homologation des véhicules… Une erreur qui a eu des conséquences lourdes tant les rejets de particules et d’azote sont coûteux et ardus à traiter. Cela vaut régulièrement à la France d’être poursuivie par l’UE en raison de pics de pollution aux particules fines supérieurs à la réglementation.

A savoir : Certains constructeurs continuent de croire au diesel. Même si les polluants émis par les voitures à essence et diesel ne sont pas les mêmes, on estime que d’ici à 2020, le diesel sera techniquement en mesure de respecter les seuils normalisés d’émissions polluantes. Egalement, le diesel, à puissance égale, émet moins de CO2 que le moteur essence : une autre bonne raison pour les constructeurs de se montrer ambitieux sur le sujet.

Les ventes de diesel en baisse

Durant longtemps, les automobilistes ont investi dans le diesel car il était majoritaire et par conséquent plus facile à revendre qu’un véhicule essence. En 2008, plus de 3 voitures sur 4 roulaient au diesel. En 2013, cette part est passée sous la barre des 70% et a baissé depuis chaque année d’au moins 5 points.

Bien que le marché mondial ne soit pas favorable au diesel, il a atteint en janvier 2017 sa part de marché de l’année 2000 soit 49%. En décembre 2017, après une chute libre d’1 an, seules 45% des immatriculations étaient liées à des véhicules neufs de type diesel.

Le retournement du marché est une aubaine pour ceux qui envisagent l’achat d’une voiture diesel. La part de diesel à vendre explose, de quoi faire chuter les prix. Les revendeurs, quant à eux, sont à 85% des vendeurs de véhicules diesel, soit plus que la proportion de diesels en circulation en France.

Le diesel en bref

Après des décennies d’incitations fiscales par les gouvernements (bonus écologique, TVA récupérable pour les véhicules de société, carburant moins coûteux…), le diesel connait la fin de sa grande époque. Aujourd’hui pointé du doigt, on ouvre les yeux sur ses points faibles. Les premiers à en pâtir sont les propriétaires de véhicules diesel pris de court par la transition fulgurante du marché.

Pourtant, la potentielle « mort » du diesel est à nuancer car dans l’Hexagone comme ailleurs, le diesel va s’adapter aux normes et évoluer technologiquement. Le diesel est adapté aux automobilistes qui réalisent un kilométrage annuel important (20 000 km ou plus) et roulent sur de longues distances. C’est dans ces conditions que le diesel reste un compromis avantageux en termes de coût global, de consommation et de pollution.

4 Commentaires

  1. que penser alors des cargots et tankers qui sillonnent les mers et des avions pour ce qui est de la pollution ? Les voitures diésels dans la pollution générale est insignifiante et les dirigeants qui désormais s’en prennent à ce carburant feraient bien de commencer par réduire les flotilles des mers et des airs avant que de nous donner des leçons ..car ce n’est pas l’automobiliste responsable de cet état de fait ….et ce n’est pas à ces automobilistes à en subir les conséquences !

  2. la norme EURO 6 permet des rejets au Km de 60g de NOx pour un essence et 80g pour un diesel.
    Par contre c’est l’inverse pour les particules fines ou un essence peut rejeter 10 fois plus que les diesels. Il faudrait déjà mettre les essences au niveau des diesels.
    il est vrai que pour homologuer une Bugatti il faut que le niveau de particules autorisé soit élevé.

  3. Le problème est que les politiques, comme dans bien d’autres domaines, font n’importe quoi, n’importe comment à l’emporte pièce. Ils ont pendant des années encouragé le diesel à outrance, de sorte que de toutes petites citadines étaient de façon ridicule majoritairement motorisés en diesel; maintenant les grosses berlines et autres SUV premium vont rouler à l’essence en consommant 50% de plus qu’avant; s’agissant de l’electrique elles seront honnies dans 20, 30 ou 40 ans à cause des dégâts environnementaux qu’elles provoquent!L’idéal serait que l’électrique soit réservé à ceux qui ne font que des trajets urbains, l’essence à ceux qui s’évadent de la ville un peu de temps en temps, aux petites et moyennes voitures et le diesel moderne aux gros rouleurs qui laissent leur voiture au garage en ville, la plupart du temps. Mais avec les politiques il ne faut pas rêver, il naviguent au grès de leurs lubies aussi instables et imprévisibles que ne l’est la fiscalité.

  4. La vente de diesel est confirmée sur les véhicules de petite cylindrée (jusqu’à 7cv) mais pour les grosses cylindrées et notamment les voitures de plus de 10cv, le diesel reste majoritaire à plus de 80%, car sur ces voitures là, la consommation des moteurs essence reste rédhibitoire….
    De plus à puissance égale un diesel consommera toujours moins qu’un moteur essence, exemple BMW 320 5,5 litres réels aux cent pour le diesel 190 cv, et 8,5 l (réels aussi) pour le moteur essence de même puissance…

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