L’année 2024 restera dans les annales comme un millésime paradoxal pour les radars et les amendes routières. D’un côté, une nette baisse du nombre de flashs et de contraventions envoyées. De l’autre, des recettes toujours colossales et une augmentation des forfaits post-stationnement. Décryptage d’un bilan tout en contrastes.
Avec 20,9 millions de flashs recensés en 2024, soit 3,75 millions de moins qu’en 2023, les radars automatiques ont été moins performants qu’attendu. Ce chiffre est d’autant plus marquant qu’il est 20 % en dessous des prévisions du gouvernement, qui tablait sur 26,2 millions de flashs.
En cause ? Plusieurs facteurs cumulatifs. D’abord, la vague de vandalisme qui a visé les radars, dans un contexte de mobilisation agricole. Tourelles et radars autonomes ont été bâchés, retournés, voire rendus totalement inopérants pendant des semaines. Ensuite, le changement de prestataire chargé de la maintenance des radars autonomes (le duo Fayat/Ineo) a entraîné des retards de remise en service, malgré leur efficacité reconnue.
Résultat : le taux de disponibilité du parc est tombé à 85,8 %, bien loin des 93 % espérés.
Le nombre d’avis de contravention (ACO) envoyés a logiquement suivi cette tendance baissière : 14,1 millions en 2024, soit 2,7 millions de moins qu’en 2023. Là encore, les prévisions sont largement dépassées… mais pas dans le bon sens.
Côté recettes, les amendes issues des radars ont tout de même permis de rapporter 658 millions d’euros à l’État. Une somme importante, mais inférieure de 111 M€ aux prévisions. À noter que l’État n’est pas directement lésé : seule une part fixe lui revient, ce sont surtout des agences comme l’AFITF (Agence de financement des infrastructures de transport de France) qui pâtissent de ce manque à gagner.
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En parallèle, les PV électroniques (dressés par les forces de l’ordre ou les agents municipaux) ont également connu un repli, avec 11,7 millions d’infractions enregistrées, soit une baisse de 10 %.
Mais là où la courbe explose, c’est du côté des Forfaits Post-Stationnement (FPS). En 2024, 16,3 millions de FPS ont été émis, en hausse de 20 %, notamment grâce à l’essor des scan-cars dans les grandes villes. Le traitement de 99 % de ces FPS est désormais assuré par l’ANTAI (Agence nationale de traitement automatisé des infractions).
Autre hausse significative : les amendes forfaitaires délictuelles (AFD), qui ont dépassé les 465 000 unités, en hausse de 30 %, notamment à cause du non-respect de l’obligation d’assurance.
En parallèle, la dématérialisation des contraventions poursuit son essor. En 2024, 5,6 millions d’avis de contravention électroniques ont été envoyés (contre 3,5 millions en 2023), grâce à la collecte d’adresses email (via le SIV ou les déclarations en ligne). Le paiement dématérialisé progresse lui aussi : 80 % des paiements d’amendes s’effectuent désormais en ligne, preuve que la digitalisation facilite aussi le recouvrement.
Malgré une année 2024 relativement “calme”, l’avenir s’annonce plus chargé côté radars. En ligne de mire :
À ce rythme, le cap symbolique des 50 millions d’amendes par an pourrait être franchi bien plus vite que prévu.
Affaire à suivre sur le blog Coyote !